LA PASSION DU MOYEN AGE

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 Carcassonne

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Maud
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MessageSujet: Carcassonne   Sam 24 Juil 2010 - 10:21

Je vais ce week-end à Carcassonne. Je ne pouvais pas partir sans l'historique de la Cité afin de faire une petite visite guidée à ma moitié. Voici donc les infos trouvées sur internet :


Antiquité


L’oppidum de Carsac

Vers le VIIIe siècle avant J.-C., l'oppidum de Carsac est établi à deux kilomètres au sud de la cité actuelle. L'agglomération étendue sur les hauteurs d'un plateau sur plus de vingt hectares est protégée d'un fossé et d'entrées en chicane. Sous la pression d'un accroissement démographique, le site est réorganisé et agrandi vers la fin du VIIe siècle : un deuxième fossé complété par des levées de terre et des palissades en bois est alors aménagé pour assurer la protection de la nouvelle extension. Sans que l'on en cerne les raisons réelles, l'oppidum de Carsac est abandonné au début du VIe siècle av. J.-C. pour être transféré sur la butte dominant la plaine de l'Aude. Les vestiges recueillis lors de fouilles archéologiques témoignent de l'occupation de ce site du premier Age du Fer jusqu'à la conquête romaine : murettes en pierre sèche, silos à grains, fours de potiers ou de bronziers. La découverte d'un mobilier abondant, plus particulièrement de céramiques (amphores, coupes, vases…) attestent l'activité de cette agglomération ouverte aux échanges commerciaux établis entre le pays audois et le bassin méditerranéen.

La ville romaine de Carsaso

A la fin du IIe siècle av. J.-C., l'agglomération désignée alors sous le nom de Carcaso est intégrée à la colonie de la Narbonnaise dont la fondation, en 118, constitue le premier jalon de la conquête romaine sur le sud de la Gaule. Ce petit centre administratif et commercial placé sur la voie d'Aquitaine devint dans le dernier quart du Ier siècle avant notre ère le chef lieu de la colonie Julia Carcaso dont l'emprise occupe la partie occidentale du bassin audois. Les recherches archéologiques ont permis de préciser la morphologie de ce centre urbain dont la superficie est étendue au pourtour de la butte grâce à l'aménagement de puissants remblais, et au delà vers le nord, le long de la route menant à Narbonne. Les vestiges de murs en blocs de grès, de parois recouvertes d'enduits et de sols ornés de mosaïques aux décors géométriques situent l'emprise de bâtiments antiques dont les orientations pourraient suggérer une trame urbaine orthogonale, propre à l'urbanisme romain.

En revanche, aucun édifice public n'a pu être découvert à ce jour. Devant l'insécurité des invasions de la deuxième moitié du IIIe siècle, la ville est resserrée sur sa butte que l'on dote sur plus de 1200 m d'un puissant mur d'enceinte armé de tours semi-circulaires et de poternes.


Moyen Age

Des Wisigoths à l’institution comtale

Après la dislocation de l'Empire romain, Carcaso, devenue Carcasona, est placée sous la domination des Wisigoths dont le royaume s'étend à l'Espagne et à la Gaule du sud et de l'ouest. Après la victoire des Francs sur Alaric II à Vouillé en 507, les Wisigoths conservent la péninsule ibérique et la Septimanie (l'actuel Bas-Languedoc) sur la bordure nord de laquelle Carcasona demeure l'une des villes frontière. La ville devient au cours du VIe siècle, avec Agde et Maguelone, le siège d'un évêché que concrétise l'édification d'une cathédrale wisigothique dont l'emplacement n'est pas déterminé. Au VIIIe siècle, la conquête arabe triomphe des Wisigoths, mais dès 759 la ville est conquise par le roi des Francs, Pépin le Bref, qui s'impose alors dans toute la Septimanie. À ces événements se rattache la légende de Dame Carcas. L'administration du nouvel empire est placée sous l'autorité comtale installant à la tête du comté de Carcassonne des familles de lignages anciens : la dynastie des Oliba jusqu'au Xe siècle relayée par les Comminges-Couserans au XIe siècle.

Les possessions des Couserans s'étendent à partir du XIe siècle aux vicomtés de Nîmes et d'Albi avec l'alliance d'Ermengarde et de Raimond Bernard Trencavel. Leur fils, Bernard Aton, est ainsi à la tête d'une vaste principauté englobant les régions de Carcassonne, Béziers, Limoux, Agde, Albi et Nîmes. Son règne constitue, de 1074 à 1129, une étape majeure dans la morphologie de la cité; le château Narbonnais, que la tradition situe sur l'emplacement des tours du même nom, est délaissé au profit d'une nouvelle résidence, le palatium, que l'on implante vers 1120 contre les fortifications antiques du front occidental. Ce chantier succède de peu à la construction de la cathédrale dédiée à saint Nazaire et à saint Celse. La ville, sans doute déjà étendue extra-muros autour de l'An Mil aux faubourgs Saint-Vincent et Saint-Michel, est administrée dès 1192 par un consulat composé de notables et de bourgeois mais ne reçoit une charte de coutume qu'entre 1209 et 1229.

La dynastie des Trencavel

Durant vingt longues années, la guerre menée contre les hérétiques va éprouver et laminer profondément le Midi de la France. À la suite de l'assassinat du légat pontifical, Pierre de Castelnau, le 14 janvier 1208, Innocent III lance la croisade contre les Albigeois. En 1209, les seigneurs venus du Nord conduits par Simon de Montfort se lèvent contre le comte de Toulouse, Raimond VI, et ses vassaux dont le puissant vicomte Trencavel afin de libérer le pays de ce qu'ils nomment " l'hérésie cathare". Après la soumission de Raimond VI, les croisés prennent en juillet 1209 la ville de Béziers poussant Raimond Roger Trencavel à se replier dans sa forteresse carcassonnaise. Le vicomte capitule après quatorze jours de siège et doit abandonner, sur décision pontificale, l'ensemble de ses possessions à Simon de Montfort. Devant les revirements du comte de Toulouse et à l'issue de la bataille de Muret en 1213, Simon élargit son autorité au comté de Toulouse. Après sa mort, son fils Amaury, peu armé pour s'imposer sur ces terres hostiles, cède ses droits au roi de France, en 1224. Raimond VII profite de l'occasion pour prendre la cité et la remettre à Raimond Trencavel II. Louis VIII répond en lançant une expédition militaire et la ville se soumet sans combattre en juillet 1226. La vicomté est définitivement annexée à la couronne de France qui instaure à Carcassonne une sénéchaussée. La croisade s'achève le 12 avril 1229 par le traité de Meaux-Paris par lequel Raimond VII convient du mariage de sa fille unique, Jeanne, avec le frère du roi, Alphonse de Poitiers, à qui reviendra ainsi l'ensemble de ses possessions.

Avec le soutien de la noblesse locale et la complicité des habitants des faubourgs Saint-Michel et Saint-Vincent, Raimond Trencavel II, déchu de l'héritage paternel, assiège la forteresse. Le 17 septembre 1240, l'offensive est lancée, déployant durant 25 jours grand renfort de mines et de balistes. La défense active du sénéchal Guillaume des Ormes soutenu par les troupes de Louis IX repousse Trencavel dans ses retranchements le 12 octobre. Il est contraint à renoncer à ses droits en 1246 ; un an après, il brise son sceau en signe de soumission devant Louis IX qui autorise la création de la bastide sur la rive de l'Aude. Comme l'annonçait le traité de Paris en 1229, Alphonse de Poitiers hérite du comté de Toulouse à la mort de Raymond VII. Le jeune frère du roi et sa femme Jeanne meurent sans héritier en 1271 ; le comté de Toulouse devient possession du roi qui rattache ainsi définitivement le Midi au domaine capétien.

Le pouvoir royal et le nouveau visage de la place forte

Les événements issus de la lutte qui opposa les vicomtes Trencavel au pouvoir capétien sont à l'origine de chantiers de reconstruction majeurs de la cité de Carcassonne. Ceux-ci ont profondément modifié la physionomie de la forteresse en imprimant sur ses éléments défensifs, son château et sa cathédrale, la marque des ingénieurs et des artistes d'Île-de-France. Les premiers travaux sont réalisés à la suite de la création de la sénéchaussée royale (1226) et sont interrompus lors du siège de la cité en 1240 ; le château est doté d'une fortification. On entame la construction d'une deuxième ligne de défense destinée à doubler l'enceinte antique. Armée de 16 tours et de barbacanes dont la barbacane d'Aude, elle s'étend sur plus de 1 500 m. Les lices constituent dès lors un espace libre et découvert entre les deux remparts, conçu pour parfaire la défense. A l'occasion de ces travaux et pour adapter la forteresse aux nouvelles techniques de l'artillerie, des tronçons du rempart antique sont rénovés, exhaussés et crénelés ; meurtrières et archères sont alors aménagées dans le cadre des baies gallo-romaines qui avaient été obturées.

A l'issue du siège de la cité par Raimond Trencavel II, qui laisse les faubourgs ruinés et les fortifications de la cité profondément altérées, on répare dès 1242 plusieurs tronçons de l'enceinte extérieure et la barbacane d'Aude qui constitue un poste avancé sur le flanc occidental de la cité. Les faubourgs Saint-Vincent et Saint-Michel implantés sur les côtés nord-est et sud-est de la cité sont détruits afin d'empêcher des éventuels soulèvements de leurs habitants. L'édification de la tour de la Peyre et de la tour de la Vade (dont l'achèvement est attesté en 1245) vient assurer la défense de la cité sur son front sud-est. Le château qui reçoit une garnison permanente est agrandi : les corps de bâtiment romans gagnent un étage et sont complétés au sud par une nouvelle construction abritant une salle d'apparat.

La troisième grande phase de travaux est entreprise à partir des dernières années du règne de Philippe III le Hardi (1270-1285) jusqu'au début du règne de son fils, Philippe le Bel (1285-1314), afin de moderniser une forteresse devenue emblématique du pouvoir royal à la frontière franco-aragonaise. L'enceinte intérieure antique, préalablement restaurée entre 1226 et 1239, bénéficie d'une reconstruction majeure mettant en œuvre l'art des ingénieurs royaux. Les nouvelles maçonneries sont réalisées en appareil à bossages dont les reliefs contrastent avec les parements antiques. L'angle sud-ouest et la partie comprise entre la porte Narbonnaise et la courtine confrontant la tour du Moulin du Connétable sont reconstruits. En revanche, sur les fronts sud et nord, le choix est de préserver la fortification antique dont il faut cependant rénover quelques parements et des parties en sous-œuvre. Au nord-est, on abandonne sur un tronçon seulement le tracé antique pour élever la courtine qui relie les tours du Trésau et du Moulin du Connétable. La ligne de défense est complétée de tours circulaires, à l'exception des tours Saint-Nazaire et de l'Evêque construites sur un plan carré. Grand nombre d'entre elles sont rebâties sur les bases de tours antiques. La tour du Trésau et la porte Narbonnaise sont érigées sur le front est, et constituent de remarquables exemples de l'architecture gothique qui allie ici l'ingéniosité militaire au confort et à la richesse des décors.

La Bastide Saint Louis

Après la soumission de Raymond Trencavel II, Louis IX (le futur Saint Louis) accorde aux habitants des anciens faubourgs détruits le droit de s'établir sur la rive droite de l'Aude au pied de la cité. Rapidement cependant, le lieu s'avère inapproprié et le sénéchal décide d'établir une bastide sur la rive opposée. Fondée en 1248, la ville est constituée selon un plan orthogonal de 1000 m de côté enclos de murs. La place où se tiennent foires et marchés en forme le centre social et économique tandis que les églises Saint-Michel et Saint-Vincent forment le cœur spirituel de deux paroisses. La ville prospère - elle devient l'un des plus importants centres drapiers du Languedoc - favorise l'installation des ordres mendiants, Cordeliers, Jacobins, Carmes et Ermites Augustins qui se fixent hors les murs. La peste, la famine et la guerre de Cent ans qui s'installent dans ses murs la coupent au XIVe siècle de ses ambitions. Malgré la résistance des Carcassonnais, le prince de Galles (le Prince Noir) n'a pas de mal en novembre 1355 à la soumettre, l'incendier et la piller. On la reconstruit vite en veillant à élever, sur une superficie néanmoins réduite, un rempart muni de tours circulaires, doublé d'un large fossé. Un pont (le pont Vieux) enjambe dorénavant l'Aude pour relier la Ville Basse et la Ville Haute.


Epoque moderne

L’essor de la Bastide Saint Louis et le déclin de la Cité


Du XIVe au XVIIIe siècle, l'industrie drapière assure à la bastide une économie prospère dont témoignent les hôtels particuliers élevés par les riches marchands carcassonnais. Peu à peu, les notables et les autorités civiles, juridiques et religieuses, préfèrent la Ville Basse à la cité qui perd sa raison militaire avec le traité des Pyrénées, rattachant définitivement en 1659 le Roussillon au domaine français. En 1801, le siège épiscopal est transféré dans l'église Saint-Michel de la bastide laissant à l'abandon l'ancienne cathédrale Saint-Nazaire et Saint-Celse. Le déclassement de la forteresse est prononcé trois ans plus tard par Napoléon Ier. Inscrite en 1820 parmi les places fortes de deuxième catégorie, elle n'est entretenue qu'au minimum par le ministère de la Guerre. Le processus d'abandon dont elle est l'objet s'inverse cependant sous la Monarchie de Juillet lorsque les érudits locaux relayés par le récent service des Monuments historiques interviennent sur le destin de la vieille ville. C'est avec une conscience patrimoniale nouvelle que débute en 1844, sous la direction de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, l'un des plus exceptionnels chantiers de restauration du XIXe siècle.
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Maïlaë



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MessageSujet: Re: Carcassonne   Ven 22 Juin 2012 - 20:35

Carcassonne est vraiment une cité magnifique ! Il est fort dommage qu'elle soit toujours bondée de touristes qui ne connaissent rien sur rien, n'apprécient pas le moyen-âge, et ne viennent que parce que c'est un lieu connu... Sad

Il est d'ailleurs étonnant que la dernière ville médiévale fortifiée n'ai une fête médiévale que depuis deux ans seulement !
J'ai eu la chance de me trouver dans la région à l'époque l'année dernière, et bien que modeste et cantonnée aux lices de la cité, c'est un évènement très sympathique !

La communauté médiéviste du sud est vraiment motivée et bien organisée. Ce sont indubitablement des puristes, et le rendu est vraiment bien. Je vous conseille d'y aller si vous passer pas là. Il me semble que c'est le weekend du 4-5 août cette année. Profitez-en, car si les médiévistes se battent avec ferveur, le reste de la cité (à commencer par les commerçants qui voient une menace et un manque-à-gagner dans cet évènement) semble s'acharner à se dresser sur le chemin de cette fête. Very Happy

Ou plus proche, le 14 juillet, l'embrasement de la cité est tout bonnement magnifique !




Sinon, pour ce qui est de Carcassonne et des Trencavel, j'ai lu une série assez sympathique sur le sujet :
"La Malédiction Des Trencavel", de Bernard MAHOUX. Il y a deux cycles, de respectivement en quatre et trois tomes.

Je ne sais pas vous, mais moi, je ne m'en lasse pas... Shocked

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