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 Le récit de voyage de Constantin Manasses (fiche de cours)

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Maud
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MessageSujet: Le récit de voyage de Constantin Manasses (fiche de cours)   Le récit de voyage de Constantin Manasses (fiche de cours) Icon_minitimeLun 13 Oct 2008 - 19:25

I Généralités sur le voyage et les voyageurs

En premier lieu, il faut noter la diversité des voyageurs : ambassadeur, moine, marchand, proscrit… On constate quelques caractéristiques : pour le pèlerin le voyage à travers la terre byzantine s’est interrompu entre le VIIIe et le XIe siècle ; le marchand constantinopolitain se déplace moins que le marchand provincial… Les motivations du voyage sont nombreuses : agrément, profession… H. Hundbischler a opéré un classement : nécessité économique, pro-administrative, religieuse et culturelle. Mais cela comporte des lacunes : où classer le voyage d’agrément par exemple ? De plus le voyage peut avoir plusieurs motivations de manière simultanée. En un deuxième lieu on voit que le voyage à Constantinople est le plus fréquent. Les marchands viennent de très loin (Séleucie, Trébizonde, Thrace, Bithynie…) car Constantinople est « le plus grand bazar de l’Empire » ; et les pèlerins qui se rendent à Jérusalem y font un détour. Il y a aussi des étudiants, des fonctionnaires, des higoumènes venus demander le renouvellement des privilèges, des moines venus acheter des manuscrits et des objets liturgiques…

On note une réelle diversité des transports : l’Empire est continental et méditerranéen donc il y a la voie maritime et la voie terrestre. Il existe des postes officiels par la voie de terre, routes héritées de l’Empire romain. Lorsque l’on ne s’en sert pas, on y va par ses propres moyens à cheval ou à pied. Les voies maritimes s’utilisent en groupe. Il y a le voyage exclusif pour les commerçants qui transportent des pondéreux. Il y aussi le voyage mixte (voies terrestre et maritime). Les voyageurs se déplacent en fonction des moyens qu’ils trouvent. On a très peu de renseignements quant aux conditions matérielles et à l’hébergement. On remarque des évocations d’auberges-relais (pantocheion) qui rythment la route, tous les 5km environ. La durée du voyage est variable. On compte environ 30 km par jour par voie terrestre ; les auteurs donnent des distances temporelles (en jours par exemple). On voit à travers les documents que les routes empruntées ne sont pas sûres : y sévissent la piraterie, les brigands, les ennemis qui contrôlent les routes, soldats en vadrouille… Il existe également des problèmes d’entretien, d’épidémies, problème des langues que les voyageurs ne comprennent pas… Les relations avec les indigènes sont parfois mauvaises. Certains marchands sont même emprisonnés voire condamnés à mort. Les relations politiques ne sont pas sans conséquences. Enfin il faut savoir qu’un passeport est nécessaire pour voyager. Pour le voyage officiel, le problème ne se pose pas (sauf-conduits…). Pour les autres, la chose est plus complexe : certains sont arrêtés car sont suspectés d’être des espions (même les moines) ou des esclaves fugitifs.

Le voyage est aussi une occasion de découverte. On remarque que les voyageurs byzantins portent souvent des jugements négatifs sur les lieux dans lesquels ils se rendent, hormis la Bithynie qui au contraire reçoit des jugements favorables. La littérature de voyage est diverse (guides de pèlerinage, les rapports d’ambassade, les correspondances…). On y trouve des itinéraires et des notes qui avertissent les merveilles à voir ; ils sont notamment très précis sur les distances, les paysages, les mœurs des habitants rencontrés… Le but est de raconter les voyages, mais certains ouvrages font offices d’encyclopédies, d’ouvrages géographiques. Les vies de saints sont moins précises, elles servent plutôt à glorifier le héros. Le récit de voyage tient également à la personnalité du voyageur, qui parfois tronque la réalité.


II Le récit de voyage de Constantin Manassès : l’Hodoiporikon


Constantin Manassès fut envoyé par Manuel Ier Comnène en Palestine pour lui trouver une seconde épouse.

 Auteur et sources concernant l’ambassade
L’auteur est né vers 1130 à Constantinople. C’est un écrivain de cour, un laïc qui fréquente les bonnes maisons et les salons comme celui de la sébastocratorissa Irène. Son patron est Jean Kontostéphanos. Ce dernier dirige l’ambassade où l’auteur fut sollicité. Manassès accompagne cette ambassade mais n’a aucune responsabilité. Il n’en connaissait même pas l’objectif jusqu’à son arrivée à Samarie. Cette ambassade à deux buts : rencontrer le roi Baudouin de Jérusalem et lui remettre un message de Manuel. Ce dernier veut prendre une épouse dans sa parenté : soit Millicent, sœur de Raymond de Tripoli, soit la fille la plus jeune du prince d’Antioche. Manuel laisse à Baudouin le soin de choisir. Ce dernier a choisi Millicent, mais un an plus tard Manuel choisit l’autre, ce qui crée un incident diplomatique.
L’œuvre de Manassès s’intègre dans le mouvement romantique de l’époque Comnène qui donne libre cour aux émotions et aux réflexions. Les écrits de Guillaume de Tyr et de Jean Kinamos sont d’autres sources concernant cet ambassadeur.

 Le récit
C’est un récit poétique, divisé en quatre livres. Le premier livre (logos) dit l’infortune du poète, qui décrit précisément l’itinéraire jusqu’à Samarie où il apprend le but du voyage et y voit Millicent. Le deuxième logos traite du fait que l’ambassade n’a pas atteint son but, et ce à cause de la maladie de Manassès. Le troisième logos s’ouvre sur une nouvelle maladie du poète qui se trouve alors à Tripoli ; il dépeint sa nostalgie de Constantinople. Dans le quatrième logos Manassès, ayant retrouvé Constantinople, raconte le voyage du retour, l’échec des fiançailles et donc la colère de Raymond de Tripoli.
A l’aller l’ambassade utilise une route terrestre à travers l’Asie mineure. Le retour, diffère du voyage d’aller : l’ambassade a pris le bateau à Sykaion pour Chypre. L’itinéraire de retour est donc maritime. L’ambassade a été retardée par les pirates envoyés par Raymond de Tripoli.
Constantin Manassès donne diverses informations sur les lieux traversés : notamment des jugements très positif pour certaines villes, alors qu’on voit bien que la route du retour lui a laissé un très mauvais souvenir.

 Le déroulement de l’ambassade
L’ambassade fut un échec. Manassès ne l’évoque que dans le livre IV. Il ne mentionne pas la longue attente des ambassadeurs à Tripoli, les préparatifs pour le voyage de la promise à Constantinople et les préparatifs du mariage. A la fin de 1161, Baudouin a découvert que Manuel avait envoyé une autre ambassade byzantine pour Marie d’Antioche. Il existe des raisons politiques au changement de fiancée : Renaud de Châtillon avait été capturé par les turcs et sa veuve Constance voulait gouverner. Elle s’est donc adressée à l’Empereur byzantin. En épousant la fille de Constance, il a pu garder la mainmise sur Antioche.

 Les maladies de Constantin Manassès
Elles constituent son principal souci. Il fut malade à plusieurs reprises : à Tyr, Chypre, Tripoli et Chypre à nouveau. On se rend compte que Constantin Manassès a vraisemblablement attrapé le paludisme à Acre (c’est pourquoi il déteste cette ville), du fait de la chaleur, de l’humidité…

 Le séjour à Chypre (jusqu’en juin 1162)
Il fait le récit d’une expérience vécue, mis à part la maladie. On y trouve des anecdotes, ainsi que des information historique : à Chypre, gouverneur de haute naissance, qui le soigne bien et a fait de nombreux cadeaux à l’ambassade. Ce dernier appartient à la haute aristocratie liée à la famille impériale. On apprend également que l’île est soumise aux pirates. En effet, sous le règne de Manuel, une relative instabilité règne sur les mers car il y existe des problèmes avec les républiques italiennes, des menaces des siciliens ou des arméniens de Cilicie. Pourtant Chypre est le carrefour de l’Orient, une véritable plaque tournante.
Il faut tempérer les propos de Constantin Manassès, lettré qui n’arrive pas loin de Constantinople à s’adapter à une île démunie culturellement, dans laquelle il ne trouve ni livres, ni auditoire, ni salons.


Au final, ce récit ne nous apporte pas d’informations majeures sur l’ambassade en elle-même, mais donne une idée des pandémies de l’époque que sont le paludisme et la piraterie. De même, le récit accentue le fossé entre Constantinople et la province, méprisée et ignorée par sa capitale.

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MessageSujet: Re: Le récit de voyage de Constantin Manasses (fiche de cours)   Le récit de voyage de Constantin Manasses (fiche de cours) Icon_minitimeMar 31 Mar 2009 - 18:31

D'après un cours de madame Malamut ...

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