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 Autour de la transmission de l'idée d'office (conférence)

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AuteurMessage
Maud
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Maud


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MessageSujet: Autour de la transmission de l'idée d'office (conférence)   Autour de la transmission de l'idée d'office (conférence) Icon_minitimeJeu 25 Juin 2009 - 21:20

Notes prises d'après l'exposé de Madame Lachaud : du Policraticus de Jean de Salisbury au Communiloquium de Jean de Galles : autour de la transmission de l'idée d'office


On constate un essor des administrations en Angleterre à partir du XIIe siècle. Cela a beaucoup inquiété les contemporains, qui avaient notamment peur de la corruption. L’Eglise tente alors d’établir des règles… L’ouvrage en question tente de montrer des modèles pour les administrateurs.

Présentation
Il s’agit d’un ouvrage terminé en 1359. Il est très ample et dans un latin difficile. Il est achevé en même temps qu’un autre ouvrage, le Metalogicon, de Jean de Salisbury qui est un excellent administrateur. L’ouvrage est en trois parties. La dernière se base beaucoup sur les écrits philosophiques de l’Antiquité. Les livres un à quatre auraient été composés après. L’auteur met en garde contre tout se qui peut nuire au salut. On constate que le thème de la tyrannie revient régulièrement, de même que le thème du prince qui doit se soumettre à la loi. Le cœur de l’ouvrage, c'est-à-dire les parties cinq et six, est « l’instruction de Trajan » qui s’inspirerait des écrits de Plutarque. On y trouve des considérations sur l’exercice de la justice, sur le rôle du prince… L’auteur a une grande culture classique et biblique. Une de ses grandes sources est Cicéron. Le dernier ouvrage de Cicéron a été inspiré d’un auteur grec : il retravaille le texte de Palmitus notamment avec l’idée d’obligation morale. Il étend cette notion au contexte romain de son époque et de l’obligation morale face à la « res publica ». Cicéron montre aussi que cette notion d’obligation est attachée à la vertu. Tout ceci va être repris par Jean de Salisbury, tout comme de nombreux auteurs : Ambroise, Isidore de Séville… Jean de Salisbury est le premier à reprendre entièrement les idées de Cicéron.
Comme Cicéron, il valorise l’action même si elle est tempérée par la réflexion. On retrouve la notion d’office : obligation morale, obligation morale dans la « res publica », obligation morale avec la vertu. Il innove en introduisant la notion d’ « alienum » : il indique que chaque individu doit être attaché à sa fonction, à son office et que toutes les activités qui les détournent sont impropres. On a une opposition entre « alienum » et « officum ». De plus il insère la notion d’office dans une vision plus générale : il montre que la « res publica » est comme un corps, on y voit la notion d’ « ordo » mais complètement réformé en fonction de l’ « officum ». Chaque membre du corps a un devoir envers les autres membres. On note que le prince, la tête, est aussi le corps en entier. Il a un devoir de régulation. On voit également que les membres sont au service du prince. Cette notion de service est également très importante. Ce corps a un but, il marche et on voit une interaction harmonieuse entre tous les membres.
Jean de Salisbury a rapproché plusieurs sens d’ « officium », y compris dans une acceptation contemporaine. Il permet de faire rentrer ce terme dans le vocabulaire politique.

Perception de cet écrit par ses contemporains
Il n’existe qu’une dizaine d’exemplaires du Policraticus, dont certains sont enluminés. En revanche, on ne peut que constater l’influence de ce livre sur un certain nombre d’auteurs. C’est par exemple le cas dans l’œuvre de Pierre de Blois, en particulier dans sa correspondance : on voit plusieurs lettres qui reprennent le passage sur la chasse mais sans les notions philosophiques. On peut également citer Vincent de Beauvais avec le Speculum historiae, Guibert de Tournais avec des sections sur la chasse, Thomas d’Aquin…
Parmi ces auteurs, on constate que Jean de Galles connaît l’ensemble du texte. Jean de Galles rentre chez les franciscains, puis va à Oxford avant 1258 où il étudie et enseigne la théologie. On suppose qu’il a eu à ce moment accès au Policraticus. Il se rend Paris vers 1270, y enseigne la théologie et y meurt en 1285. Il s’agit d’un auteur prolifique. Il a notamment écrit un traité sur les vertus du prince, mais aussi le Comuni locuium qui connaît un succès énorme. Il a été publié et imprimé à plusieurs reprises par la suite. On peut supposer que c’est par son intermédiaire que l’on connaît les écrits de Jean de Salisbury. Le Comuni locuium est inspiré de beaucoup d’écrits : des manuels de prédicateurs, des miroirs du prince… Il est composé de sept parties : un assez long prologue, une première partie sur la constitution de la « res publica », une deuxième sur tout ce qui lie les membres entre eux avec notamment la notion de respect, une troisième partie sur les différences et les diverses manières d’agir en fonction, une quatrième partie sur le corps ecclésiastique en tant qu’institution à coté du corps civil, l’instruction dans les écoles, l’instruction des religieux et enfin une dernière partie : un « ars moriandi ».

On revient sur des thèmes importants :
*Le corps politique de Jean de Salisbury. Il l’adapte avec les classifications d’Hugues de saint Victor. Tout est axé dans le sens de la prédication.
*Les activités qui sont néfastes et qui détournent de l’office, mais toujours dans le sens de la prédication et sans la réflexion philosophique de Jean de Salisbury.
*En revanche, il est extraordinaire quant à la description du corps ecclésiastique : avec à la tête le pape ou les évêques, et qui est en parallèle du corps administratif.
*Il existe aussi des passages sur la tyrannie.

Très certainement, on peut lire tous les miroirs du XIIIe siècle à la lumière du Policraticus. On doit voir tous leurs auteurs dans un ensemble. On peut percevoir une tentative générale pour percevoir le politique et la moralité qui y est lié. C’est pour cette raison que La politique d’Aristote a été relue et introduite dans la réflexion. Gilles de Rome est également à intégrer dans ce courant.

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