LA PASSION DU MOYEN AGE
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Maud
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Maud


Féminin Nombre de messages : 757
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MessageSujet: Chronologie * styles   Chronologie * styles Icon_minitimeDim 15 Aoû 2010 - 20:20

D'après le texte d'introduction du Taschen sur Les chefs d'œuvres de l'enluminure...


Like a Star @ heaven L'enluminure insulaire

Dans le sillage de la christianisation de l’Irlande par saint Patrick au VIe siècle, des moines irlandais s’installent à Iona, d’où ils convertissent l’Ecosse. Au Nord de l’Angleterre, en Northumbrie, ils trouvent des communautés de fidèles qui se sont établies à partir du continent, et qui ont apporté avec eux des livres italiens. En correspondance étroite avec l’orfèvrerie, qui le plus souvent se pratique également dans les abbayes, ces trésors anglo-irlandais déploient une poésie ornementale et associent de manière incomparable la décoration des pages et une écriture magistralement calligraphiée, le tout culminant dans les organismes surréels des initiales.

Like a Star @ heaven Enluminure carolingienne

Sous le règne de Charlemagne (règne 768-814) et de son successeur direct, à une époque où les arts connaissent un nouvel essor, l’enluminure connaît une nouvelle apogée. Dans le climat intellectuel de la cour impériale et de la « renaissance carolingienne » un nouveau style d’écriture se développe, la minuscule caroline, mais aussi une enluminure aristocratique qui renoue avec l’Antiquité et les traditions méditerranéennes, tout en intégrant les courants d’inspiration byzantine. Signe du plus haut désir de représentativité impériale et du plus grand rayonnement religieux, de nombreux manuscrits à l’encre d’or sur parchemin teinté de pourpre voient le jour. Les grandes abbayes, telles celles de Corbie, Reims ou Tours, deviennent le siège d’écoles d’enluminure aisément identifiables. A la fin du IXe siècle, l’enluminure carolingienne tend vers sa fin avec les derniers manuscrits de l’école de la cour de Charles le Chauve dont le luxueux Codex Aureus.

Like a Star @ heaven Enluminure ottonienne

Le terme « ottonien » est une désignation propre à l’Histoire de l’Art. La période désignée va du milieu du Xe au début du XIe siècle et englobe parfois les années autours de 1100. Dans le contexte européen, elle concerne des ouvrages aussi controversés que les premières apocalypses dites de « Beatus ». Pendant cette même période, la production de manuscrits enluminés connait un immense essor en France suite à la réforme bénédictine de l’abbaye de Cluny et la floraison d’ouvrages théologiques qui s’y rattache.

L’art ottonien fut un art aristocratique initié par les souverains du Saint Empire romain et par les grands princes de l’Eglise. A côté l’aspiration à un art hautement représentatif, une recherche nouvelle d’expression des sentiments et une gestuelle extatique suggestive marquent cette peinture fortement stylisée, qui privilégie surtout l’évangéliaire et le sacramentaire, mais qui produit aussi une apocalypse illustrée comportant un cycle d’illustrations très vaste, l’Apocalypse de Bamberg. Grandioses et complexes par leur contenu, les portraits d’empereurs qu’on trouve dans les différents manuscrits font ici l’objet d’une attention particulière.

Les productifs « scriptoria » des abbayes ou des collégiales sont à l’origine d’écoles influentes qui se rattachent sans rupture stylistique à la tradition carolingienne. Dans ce contexte, le pus grand rayonnement émane de l’abbaye de Reichnau, qui assimile et développe les qualités exceptionnelles du Maître du Registrum Gregorii, lequel avait travaillé pour l’empereur ottonien vers 985, puis pour l’archevêque Egbert à Trêves. Ce sont surtout les décors enluminés de Reichnau qui donnent alors de nouvelles lettres de noblesse à l’enluminure occidentale. A la même époque, il convient d’attirer l’attention sur les « scriptoria » de Saint-Gall, Trêves, Ratisbonne, Salzbourg, Fulda, Cologne, Corvey et Hildescheim.

Like a Star @ heaven Enluminure romane

A l’époque romane, qui couvre la production du XIe au XIIIe siècle environ, les traditions et les influences les plus diverses, et une spécialisation régionale de plus en plus poussées, confèrent à l’enluminure une telle diversité qu’une vision d’ensemble est nécessairement réduite à n’en donner qu’un aperçu sommaire. A cette époque, le France et l’Angleterre prennent une position dominante avec, pour l’Angleterre, les « scriptoria » des cathédrales de Winchester, de Sainte Augustine et celui de la Christ Church de Canterbury. Il faut ajouter qu’au XIIe siècle apparaissent les premiers signes d’une sécularisation de la société européenne, et donc d’un déplacement d’accent concernant les contenus des ouvrages et des conditions de production. Ainsi, l’illustration des ouvrages scientifiques ou pseudo-scientifiques tels que les bestiaires prend de l’importance. Bien entendu, l’activité scripturaire et picturale des abbayes ne perd en rien de son importance, et se voit même enrichie de nouveaux ordres religieux : les cisterciens, l’ordre de Prémonté, les chartreux.

A côté des miniatures proprement dites, les lettres décoratives et les initiales agrémentées de figures ou d’ornements végétaux introduisent dans le décor enluminé des accents innovateurs. Les lettres ornementales connaissent alors leur grande époque. Un langage formel plus expressif trouve un intérêt en maints endroits avec des dessins à la plume énergiques rehaussés de couleurs.

Like a Star @ heaven Enluminure gothique

Le style gothique ne fait son apparition dans l’enluminure qu’un bon siècle après son avènement dans l’architecture, la sculpture ou la peinture sur verre. Ceci a lieu en France, qui donne le ton en matière de style, et seulement dans le courant du XIIIe siècle. L’un des premiers manuscrits de style gothique est le Psautier d’Ingeburge aujourd’hui conservé à Chantilly. Le pays des cathédrales produit alors un immense bouquet d’influences stylistiques qui embrasent également l’enluminure anglaise autours de 1220. De plus en plus, les manuscrits commencent à refléter la sécularisation croissante de la société et de sa culture. Avec les universités, de nouveaux centres apparaissent, qui font revivre un corps de métier disparu depuis l’Antiquité, celui des libraires. Les besoins du public cultivé des villes se font entendre, mais aussi l’ambiance luxueuse des cours. De plus en plus, les laïques déboutent le clergé de sa fonction mécénale exclusive.

Dans le cadre d’une enluminure éminemment raffinée, la France de saint Louis (règne 1226-1270) prend une initiative qu’elle conservera jusqu’au début du XVe siècle. Dans ce contexte, la Bible des Croisés, qui connut un destin particulièrement savoureux, dénote l’influence réciproque entre l’enluminure et le vitrail. A la fin du XIIIe siècle, des noms d’enlumineurs commencent à se faire connaitre. Au XIVe siècle, l’atelier le plus progressiste de l’ère gothique, celui de Jean Pucelle, actif de 1320 à 1334 à Paris montre que la peinture italienne du Trecento inspire aux miniaturistes du Nord des Alpes des recherches dans les domaines de la perspective, de l’espace et de la grisaille.

L’enluminure connaît une nouvelle floraison sous le règne de Charles V (règne 1364-1380), dont le mécénat fit venir à Paris des artistes étrangers, surtouts flamands et italiens. Ces artistes ouvrent le mode d’expression de l’enluminure à des points de vue plus empreints de naturalisme. A partir de 1400 environ, cette floraison produit une fascinante symbiose entre le gothique international, le raffinement courtois, la modernité du Trecento italien et une description réaliste. Il suffit de citer les noms come ceux des frères Limbourg, ou du maître de Bedford, du maître de Boucicaut, pour évoquer ce climat si extraordinairement fécond qui régna dans les cours du roi et de ses frères Louis d’Anjou, Jean de Berry et Philippe le Hardi, duc de bourgogne. Leurs commandes donnent naissance aux plus beaux livres d’Heures jamais créés.

C’est aussi de France et d’Italie que la floraison de l’enluminure pragoise prend son magnifique essor sous le règne de l’empereur Charles IV, qui avait grandi entre autres à Paris, essor qui se poursuit vers 1400 sous le règne de son fils Wenceslas, comme le montre la Bible de Wenceslas. Cette influence ne devra pas cependant faire ignorer les sources d’inspiration nationales.

Tout au long du XVe siècle, le mécénat de ducs de Bourgogne, qui régnèrent de 1384 à 1477, et dont une grande partie des terres passera ensuite aux Habsbourg, fut accompagnée d’une incomparable apogée culturelle dans les milieux de cours comme la bourgeoisie. Le style et le luxe de la cour de Bourgogne, qui tiennent d’un conte des mille et une nuits, impressionnent toute l’Europe. A cette époque la peinture primitive flamande d’influence bourguignonne produit en maints endroits et dans plusieurs ateliers des créations merveilleuses auxquelles s’attachent notamment les noms d’artistes comme Jan van Eyck et Barthélemy d’Eyck. Avec leur traitement tout à fait génial de la lumière et leur observation amoureuse de la nature, ces artistes vont ouvrir la voie à toute l’enluminure flamande ultérieure.

Des articles résolument luxueux sont créés avec les manuscrits sur parchemin teinté de noir. En Allemagne, Cologne devient le carrefour entre la haute et la moyenne Rhénanie et es Pays-Bas comme l’illustre amplement un livre d’Heures attribué à Stephan Lochner.

Pendant la période de 1470 à 1520, à l’époque où la Renaissance italienne s’impose au Nord des Alpes, les ateliers flamands de Bruxelles, de Gand, de Bruges et de nombreuses autres villes ne livrent pas seulement des produits de luxe à des commanditaires fortunés, ils produisent aussi des ouvrages routiniers et commerciaux qui inondent un marché bourgeois en pleine croissance. Cependant le maître de Marie de Bourgogne, Gérard Horenbout ou Simon Bening continuent à créer des miniatures qui comptent parmi les plus impressionnants témoignages de l’enluminure, comme l’ont fait les français Simon Marmion, Jean Fouquet et bien d’autres, et qui trouvent accès aux imitateurs et aux amateurs de toute l’Europe. Les problèmes picturaux de l’époque moderne sont dès lors abordés par des artistes qui réunissent les talents de peintre de panneaux et d’enlumineur. Dans ce contexte, une mise en page qui travaille souvent avec des effets frappants de trompe-l’œil, une inépuisable richesse d’invention et une immense savoir-faire technique pourront certes être interprétés comme une manœuvre de diversion, feux d’artifice illusionnistes d’une époque qui ne s’accroche plus qu’à grand peine à la vénérable symbiose entre l’image, l’écriture et l’ornement, depuis que le Renaissance a transformé l’image en tour de force de la perspective.

Like a Star @ heaven Enluminure italienne, entre gothique et renaissance

A partir du Trecento, de la première moitié du XIVe siècle, l’enluminure italienne s’élève à un rang remarquable et particulier. Les principaux centres en sont Florence et Sienne, avec l’école de Giotto et de Simone Martini. Vers le milieu du siècle, c’est au tour de l’enluminure bolognaise de prendre l’initiative. La modernité de Giovannino de’ Grassi, actif à Milan sous le duc Jean-Galéas Visconti (1380-1402), ne marque pas seulement la transition de l’enluminure illustrative à l’autonomie iconique, elle exercera aussi une forte influence sur l’enluminure bourguignonne et la production milanaise de l’époque des Sforza. Dans toute l’Italie, la demande de manuscrits profanes et d’éditions des classiques de l’Antiquité fait un grand bond en avant avec l’avènement de la Renaissance au XVe siècle.

L’étude du corps sous le signe de la justesse anatomique et des lois de la mesure et de la proportion, le traitement exact de l’espace et les tours de force de la perspective envahissent les compositions, ébranlant du même coup peu à peu les lois de la miniature liées à la surface. Et cela de manière d’autant plus impressionnante que des artistes géniaux continuent de maintenir l’équilibre esthétique entre les domaines de l’illusionnisme et de la planéité de la page écrite.

Au cours du XVe siècle, si la qualité ne baisse pas, la concurrence croissante du livre imprimé et la propagation des reproductions gravées conduisent l’Italie, comme partout en Europe, au déclin inéluctable des livres écrits et enluminés à la main.

_________________
Enluminure pour illuminée
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http://www.motsprecieux.fr/
Delphine

Delphine


Féminin Nombre de messages : 11
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MessageSujet: Re: Chronologie * styles   Chronologie * styles Icon_minitimeDim 21 Nov 2010 - 2:50

Un excellent pavé ce livre,e t à un prix abordable en plus Smile
La qualité des images permet une exploration à la loupe, c'est un régal !
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http://etmotifs.blog.fr
 
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